Affaire de l’Opera du Sahel: L’ex-ministre Cheick O. Sissoko sera-t-il éclaboussé ?

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Le 17 Février 2007, la Capitale malienne avait abrité l’Opéra du Sahel, dont la cérémonie avait regroupé 80 artistes et musiciens venus des pays du Sahel : le Burkina Faso, le Cap vert, la Mauritanie, la Gambie, le Sénégal, la Guinée-Bissau, la Guinée Conakry, le Niger, le Nigéria, le Soudan, le Tchad et, bien sûr, le Mali.

Mais tous les observateurs avertis avaient déclaré que cette opération de l’opéra du sahel a été un échec, sinon une catastrophe, tant du fait de son organisation que de ses malversations financières. Si bien qu’aujourd’hui, l’arrestation des trois responsables directs de l’évènement n’a pas du tout été une suprise dans le monde de la culture malienne.

De quoi s’agit-il ? L’Opéra du Sahel résultait d’une volonté de la Hollande de stimuler la culture sous-régionale dans les pays sahéliens. C’était aussi l’aboutissement et la concrétisation d’un vieux rêve de son Altesse Royale, le prince Klaus des Pays Bas, décédé en 2002.

Selon nos sources, avant son décès, ce dernier exprimera, à ses ayants-droits, son voeu de matérialiser ce rêve. Ce qui a donc été fait en 2007. Ainsi, notre pays a eu le privilège d’abriter la première édition de l’évènement,dont le thème, intitulé “Bintou Wèrè”, retrace l’histoire d’une enfant-soldat errant entre l’Afrique et l’Europe.

Comme pour toute activité lucrative, un compte rendu est obligatoire et nécessaire, surtout que le doute s’était installé au cours de cet Opéra tenu au Palais de la Culture. C’est ainsi qu’après vérification, de graves malversations financières ont été constatées. Du coup, le coordinateur principal, le comptable et la secrétaire sont soupçonnés de détournement de fonds de plus de 100 millions de FCFA.

Les personnes incriminées, Pape Sène, Sirafili Sissoko et Alima Bah, sont tous déférés à la Maison d’Arrêt de Bamako. L’affaire risque de prendre une autre tournure, quand on sait que ces présumés coupables sont des proches de l’ancien ministre de la Culture, le cinéaste Cheick Oumar Sissko.

L’ex-ministre rattrapé par sa gestion dite partisane

Comme on le sait, l’arrivée de Cheick Oumar Sissoko à la tête du ministère de la Culture avait suscité beaucoup d’espoirs dans le milieu des artistes et des hommes de culture. Mais la gestion du ministre cinéaste a laissé tout ce beau monde pantois de déception.

Pour revaloriser la culture malienne, disait-il, Cheick Oumar Sissoko fera appel à ses propres amis, ignorant superbement ses compatriotes fins connaisseurs et expérimentées dans le domaine . C’est ainsi que le Sénégalais Pape Sène, la burkinabé Alima Bah et un de ses proches, le comptable Sirafili Sissoko, seront activement impliqués dans l’évènement.

Selon nos sources, Pape Sène avait plus de prérogatives que le chef de cabinet et le secrétaire général du départemnt eux-mêmes . Et c’est lui qui coordonnait toutes les activités dites “juteuses”, tels que les projets initiés au sein du ministère. Lesdites sources soutiennent que ce projet “Opéra du Sahel ” n’a jamais été associé au ministère de la Culture : c’est dire donc que la gestion de ce projet a été parallèlement mené.

Pourtant, l’ex-ministre Cheick Oumar Sissoko avait été mis en garde sur le fait que ces administrateurs n’ont pas le droit d’exercer cette fonction, car n’étant pas des Maliens. Mais selon nos informations, Pape Sène avait rendu beaucoup de service à Cheick Oumar Sissoko, au temps de sa splendeur de cinéaste.

En effet, le Sénégalais travaillait à la Communauté Européenne, dans la cellule Culture. Après ses démêlés au sein de cette structure, Pape Séne aurait étét renvoyé de la Communauté Européenne. Après sa nomination au ministère de la Culture, Cheick Oumar Sissoko aurait fait appel à lui en signe de reconnaissance des bienfaits qu’il lui avait rendus. C’est ainsi que Pape Sène serait devenu super puissant dans le monde de la culture.

Vu tout ce que le Mali a produit comme cadres culturels, on ne peut pas imaginer qu’un étranger vienne diriger la culture malienne. Ils en ont fait une affaire d’amis ; et voici le résultat. Cela n’est d’ailleurs pas une surprise pour nous”, a déclaré un observateur du monde de la culture. Et un autre, d’ajouter que “la manière dont on a traité les artistes maliens laisse à désirer“.

Au bout de plus de deux mois de stage et de répétition, les Maliens s’en sont sortis avec des sommes minables de 150 000 à 200 000 FCFA, contre des millions pour les artistes étrangers. Et le ministère n’a jamais été associé à la gestion des fonds de l’Opéra. Des fonds qui étaient gérés par une cellule dirigée par Papa Sène, Sirafili Sissoko et Alima Bah qui ne sont pourtant pas des fonctionnaires de l’Etat.

Cette situation catastrophique de l’Opéra du Sahel aurait pu être évitée si l’ex-ministre Cheick Oumar Sissoko avait associé ses compatriotes qui ne manquent pas de compétence, ou même associé l’ensemble de son cabinet du département. Aussi, après l’arrestation des proches de l’ex-ministre, tout le monde se pose la question : qu’adviendra-t-il de l’ancien ministre cinéaste ?…

Au regard de cette situation latente, l’on veut faire croire à l’opinion publique que c’est l’actuel ministre Mohamed El Moctar qui a initié la plainte qui a entraîné l’arrestation du Sénégalais, de la Burkinabè et de son neveu, qui séjournent actuellement à le maison d’arrêt de Bamako-Coura depuis le 19 Juin 2008. Ce qui, du coup,met fin à leurs fonctions dites illégales.

Le Sénégalais Pape Sène détiendrait une autre nationalité dans la fonction publique malienne. D’ailleurs, du temps de Cheick Oumar Sissoko, il participerait même aux réunions de cabinet du département. Il avait fallu des prostestations de certains cadres maliens pour que Pape Sène n’y participât plus. Ce serait en cela que le mérite et lecourage de l’actuel ministre Mohamed El Moctar sont à saluer.

Mais il semble qu’aujourd’hui, on veut masquer ces malversations financières en accusant l’Etat malien et le ministère actuel de la Culture. Toujours est-il que c’est à la justice malienne de prouver le bien ou mal fondé de ces accusations. Il n’en reste pas moins que selon certains cadres du département, les fonds alloués à l’Opéra du Sahel n’étaient pas des fonds privés : ni de Cheick Oumar Sissoko, ni des trois personnes arrêtées.

Aussi paraît-il mal indiqué de crier à une cabale où un règlement de compte de la part de qui que ce soit. Les trois responsables incriminés ont donc tout le temps de prouver leur innocence devant les tribunaux. En tout cas, le bon sens veut que lesdits responsables soient des fonctionnaires maliens, surtout dans le cadre des fonctions nationales.

Sadou BOCOUM

SOURCE: Soir de Bamako du 25 Juin 2008

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